Normes : un choix responsable pour l’entreprise

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   L’instauration de labels et de normes, dont les logos figurent en bonne place dans la communication des entreprises, est une tentative louable de faire entrer de l’objectivité dans le monde productif. Pour une entreprise, l’attribution de l’un ou de l’autre revient à faire coïncider la perception que l’on a d’elle avec la réalité, son image avec la vérité.

C’est pourquoi beaucoup d’entreprises, parmi les plus avancées, font ce choix avec l’intention de conforter, par ce témoin impartial, l’opinion de leurs salariés, de leurs partenaires et de leurs clients. De nombreux responsables savent bien que, dans nos sociétés interdépendantes, vouloir réaliser des profits sans valeurs altruistes relève de la caricature.

Ce choix est souvent un choix personnel du chef d’entreprise, conscient des conséquences globales de l’esprit qu’il insuffle à ses équipes, des décisions qu’il prend, des actions qu’il engage. Comme le dit l’un d’eux : « Un label n’est pas seulement un engagement vis-à-vis des autres mais surtout vis-à-vis de soi-même. »

L’entreprise doit, aujourd’hui, vendre plus que ses produits ou services. Il lui faut se confronter au regard des autres dans de nombreux domaines, ce qui signifie que, par son attitude, elle doit devenir plus proche des préoccupations de la population qu’elle cible, si possible en les anticipant. La labellisation ou la normalisation sont, pour elle, des moyens a priori incontestables de répondre à ce problème de transparence, même si elle peut être dubitative sur la perception qu’ont notamment les consommateurs du contenu des engagements qu’elle prend.

En effet, alors qu’ils voudraient être l’expression la plus concrète et la plus prouvable de la qualité ou une garantie en matière d’environnement, de bonnes pratiques, la norme et le label n’agissent eux-mêmes que comme des images. Ainsi, la présence de l’estampille est toujours mieux perçue que son absence, mais certains labels ont « l’air » plus sérieux, plus rigoureux que d’autres.

Le consommateur est donc en droit de se demander quelle crédibilité on peut accorder aux diagnostics qui fondent ces labels et ces normes ? Question qui n’est pas inopportune quand on la transpose, par exemple, sur le cas des agences de notation, surtout après la crise des subprimes et la déroute de la Grèce, dont les notes étaient loin de refléter la situation explosive.

Bien que les conséquences ne soient évidemment pas comparables, la confiance dans les labels et les normes demeure l’obsession des organisations qui les délivrent.

Le choix d’un label ou d’une norme est toujours plus difficile qu’il n’y paraît car il doit correspondre avec l’image ou le message que l’entreprise ou le produit veut véhiculer. Au vu de la multitude de normes et labels, et de leur proximité, la chose n’est pas aisée.

Un des critères déterminants est la capacité à être en phase avec la réalité économique et sociale, par exemple. Celle-ci évolue avec le temps et un label ou une norme sera d’autant plus efficace qu’il sera moins figé.

En général, d’ailleurs l’adaptation à l’évolution des problématiques auxquelles le monde est confronté, ainsi qu’au surgissement des productions des pays émergents, a été réalisée par la complexification, parfois au détriment de la lisibilité.

D’abord axées sur la qualité, les normes et les labels se sont introduits dans des régions plus intimes de l’entreprise et de ses méthodes, comme le respect de l’environnement, les pratiques managériales, les conditions de travail, etc.

Après les nombreuses normes ISO, 90 pays et 40 organisations ont planché 5 ans pour élaborer une nouvelle norme, plus adaptée aux changements économiques, sociaux et environnementaux et aux nouveaux enjeux nés de cette évolution : la norme ISO26000. Cette norme prend en compte l’accroissement de la démographie, le changement climatique, la dégradation de l’environnement, l’épuisement des ressources, les inégalités, …

Contrairement à d’autres normes internationales comme l’ISO9001 (qualité) ou l’ISO14001 (management environnemental), la surprise paradoxale est que la norme ISO26000 n’est pas certifiable. Elle ne fixe pas de niveaux de performances à atteindre considérant qu’une adaptation est nécessaire en fonction des spécificités de chaque pays, voire de chaque entreprise.

Face à cette impuissance au niveau mondial, des labels nationaux ont été crées dans divers pays. En France, la norme ISO26000 est aujourd’hui concrétisée par le label LUCIE. Les entreprises peuvent prouver, par cette normalisation, leur engagement de mise en œuvre du développement durable à travers des démarches RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale).

Le Label LUCIE a été créé en 2008 par Qualité France Association (fédération d’associations de consommateurs, créatrice de labels et de certificats de qualité depuis 1947), en partenariat avec Vigeo, leader européen de l’évaluation Développement Durable des grandes entreprises et Afnor Certification, leader historique de ce domaine en France.

Plus de 70 entreprises et associations se sont engagées dans le parcours de labellisation et 37 sont labellisés à l’heure actuelle dont Veolia propreté, Schneider electric , Ferrero France, Banque Populaire Atlantique, Infotrafic, de nombreuses PME et entreprises de conseil. Bien que la démarche ait un coût, elles considèrent, compte tenu de l’environnement qui naît, l’investissement rentable.

La démarche leur a permis de se poser les bonnes questions, d’engager leurs salariés dans des actions de développement durable et d’être transparents. Par leurs progrès en RSE, elles ont diminué leurs risques opérationnels et amélioré leurs performances économiques. Elles bénéficient, par leur appartenance à la communauté LUCIE, d’avantages, d’outils de communication et d’une médiatisation qui les place sur le podium des acteurs économiques responsables. Une situation dans laquelle elles auront soin de veiller à ce que l’image de leur label soit toujours conforme à la réalité.

La rédaction