Les dossiers 2013 du Président de la CCI de Lyon

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        Ayant accompli les deux premières années de son mandat à la présidence de la CCI de Lyon, Philippe Grillot ne dissimule pas son sentiment « d’avoir agi » pour répondre aux attentes du monde économique : « les Etats Généraux des entreprises et la présentation du Carnet de Route de la CCI ont permis de légitimer la démarche voulue par nos membres ». Et de poursuivre : « nous avons remis de l’ordre dans les structures de la CCI, assuré une répartition des fonctions et redéfinit les missions. Notre organisation interne vise à mieux répondre à la vie des entreprises dans chacun de ses temps depuis la création, le développement, la formation, l’international et la transmission ».

Aussi attend t-il les jugements sur son bilan avec une relative sérénité, fort « d’avoir fait » avec une adhésion des équipes dont il mesure l’engagement et le professionnalisme. La CCI va, pour reprendre son expression, « se concentrer sur ses «joyaux périphériques » pour conforter leurs dimensions et renforcer son positionnement propre. Cela demande une implication plus grande de la part de la Chambre et de ses représentants aussi bien à l’Ecole de Management de Lyon, que la société des Aéroports de Lyon (Saint-Exupéry et Bron), le Musée des Tissus et des Arts Décoratifs et le parc Eurexpo. Philippe Grillot veut que la CCI soit plus visible là où elle intervient. Un message clair adressé à ses interlocuteurs. Derrière une amabilité sans faille, l’attitude se veut ferme.

Affirmer la présence de la CCI

Pour y parvenir, il a préféré le dialogue, la recherche du consensus sur les projets à mener en collaboration étroite avec les entreprises, leurs institutions, les syndicats patronaux et les collectivités territoriales. Et de préciser : « à la Région, au Département et au Grand Lyon, la CCI est écoutée et surtout entendue », ce qui explique l’engagement des trois chambres concernées (Lyon Saint-Etienne, Nord-Isère) au sein du nouveau Pôle métropolitain, présidé actuellement pas Gérard Collomb. Dans le même esprit, la CCI se montre attentive aux attentes du monde universitaire et participe au démarrage de la nouvelle fondation de l’université de Lyon (regroupant toutes universités et laboratoires du Pôle Régional de l’Enseignement Supérieur).

Elle ouvre de nouvelles voies dans le domaine de la dimension sociétale des entreprises : « des initiatives sont menées en direction du monde associatif, notamment en direction de la culture avec cette « passerelle » idéale que constitue le Musée des Tissus ». Et de rappeler les dossiers (Maison de la Danse, Fête des Lumières) étudiés en relation avec Georges Képénékian, l’adjoint au maire en charge de la vie culturelle à Lyon.

Deux dossiers majeurs pour la métropole

N’ignorant pas la nostalgie lyonnaise pour la feu place boursière « d’entre Rhône et Saône », Philippe Grillot a avancé au cours du premier semestre 2012 le projet d’une « place d’échange » dont le lancement serait confiée à la structure « Lyon Place Financière »: « il nous fallait partir de la double réalité, celle de la diabolisation du monde de la finance et celle de la nécessité d’une structure régionale d’investissement à long terme pour épauler les besoins de financement des TPE et PME. Leur permettre cet accès au monde financier avec un outil qui viendra en complément du marché boursier sera possible avec la nouvelle structure « place d’échange » de Lyon qui verra son activité débutée en mars prochain ». Le projet aura été rondement mené car il a vite suscité les intérêts des entreprises désireuses d’être retenues car elles seraient ainsi reconnues pour leurs critères de performances et ce véritable registre de valorisation délivrant une assurance d’un placement sérieux attire les partenaires investisseurs : « nous avons rencontré plusieurs acteurs financiers spécialisés qui ont encouragé ce projet ». Reste à suivre l’évolution de ce nouvel outil économique dont l’ambition est de favoriser le développement économique de la métropole.

L’autre dossier lourd est celui du devenir de la société des Aéroports de Lyon. L’Etat va-t-il céder sa participation au capital (60%) et à qui ? Ce retrait (logique d’action concernant plusieurs sociétés aéroportuaires régionales) verra t-il l’arrivée d’Aéroports de Paris ce que ne veulent pas les actionnaires rhônalpins (CCI Lyon (25%), Ville de Lyon, Département et Région (15%)). « Nous n’avons pas changé de position et nous voulons toujours pouvoir détenir la majorité absolue dans la recomposition capitalistique » rappelle le Président de la CCI. Il défend le programme d’investissement de 250 millions d’euros sur 5 ans pour réaliser le terminal T3, rénover le terminalT1 améliorer les parcs de stationnement : « c’est un projet ambitieux qui vise à conforter le site de Saint-Exupéry. C’est un signal fort de notre volonté ». Une volonté dont l’objectif est que la 7ème région économique européenne qu’est Rhône-Alpes ait un ensemble aéroportuaire plus compétitif alors que Saint-Exupéry n’arrive aujourd’hui qu’à la 47ème place du classement des aéroports de l’Union Européenne (sur la base du trafic passagers). La règle du « ensemble pour être plus fort » l’a conduit à fédérer les démarches des autres CCI régionales concernées (comme Bordeaux, Nantes) auprès des services de l’Etat.

Confirmant l’intérêt porté aux unions commerciales locales et aux associations d’entreprises des  zones économiques, la CCI poursuivra ces rencontres « de terrain ». Elle lancera également en mars l’opération de « La grande semaine du commerce » qui veut témoigner de la vitalité et de l’importance du commerce de proximité dans l’animation de la ville. Une année d’intense activité sur tous les fronts.

Y.E.