Jean-Louis Gagnaire : « le levier de développement des nos entreprises est désormais à l’export »

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Quartier d’Affaires Lyon/Rhône-Alpes : Monsieur le Vice-président, vous êtes actuellement Député de la 2ème circonscription de la Loire et Vice-président de la Région Rhône-Alpes délégué au développement économique, à l’industrie et aux PME, et à l’innovation. Pouvez-vous revenir sur votre itinéraire professionnel et politique ?

Jean-Louis Gagnaire : D’abord ouvrier d’usine puis caissier pour financer mes études, j’ai ensuite assumé la direction de la PME familiale au décès de mon père. Ce sont ces expériences au cœur de la société civile qui ont fondé une partie de mon engagement politique.

J’ai exercé plusieurs métiers dans l’Education Nationale, d’instituteur en maternelle, jusqu’à chargé de cours de Droit public à l’Université Jean Monnet. Après une maîtrise de Sciences de l’Éducation et une licence d’Administration Publique, j’ai exercé le métier de Conseiller Principal d’Education dans les lycées de Saint Etienne.

J’ai été élu Conseiller général de la Loire et Conseiller régional Rhône-Alpes en 1998. Je me suis d’abord consacré aux questions de transports et d’aménagement urbain, de culture et d’enseignement supérieur / recherche. J’ai été réélu Conseiller général en 2004. La même année, j’ai conduit la liste départementale de Jean-Jack Queyranne lors du scrutin régional et je suis devenu Vice-président délégué au Développement Économique du Conseil Régional. A la suite de mon élection comme député de la Loire en juin 2007, j’ai démissionné du Conseil général. En 2010, j’ai été renouvelé dans mes fonctions de Vice-Président du Conseil Régional Rhône-Alpes délégué au développement économique, à l’industrie, aux PME et à l’innovation. J’ai enfin été réélu député de la 2e circonscription de la Loire en juin 2012.

La Région Rhône-Alpes représente près de 12% des exportations françaises. Pour favoriser les échanges avec l’international, la Région dispose d’un outil particulièrement efficace : ERAI (Entreprise Rhône-Alpes International). Pouvez-vous nous indiquer ce que représente cet organisme sur le plan institutionnel et quelles sont ses principales missions ?

La Région développe une stratégie globale d’actions collectives de développement à l’international. Le développement de nos entreprises et de nos filières passe par leur développement à l’international. Il est ainsi nécessaire d’adopter une stratégie à long terme avec des initiatives fortes, comme la mise en place des Clusters et des Pôles de compétitivité. Le regroupement de compétences est souvent un préalable pour donner l’accès à l’international à nos PME et ETI, en leur permettant de travailler sur des projets collaboratifs. Ils s’inscrivent comme de véritables pôles de rencontres pour des entreprises qui ont besoin des compétences d’autres entreprises afin de proposer un produit ou un service compétitif sur les marchés extérieurs. 7 de nos pôles sont ainsi classés comme très performants et 5 comme performants.

ERAI est l’un des opérateurs de la Région, qui est son seul financeur public pour 7 millions d’euros pour 13 millions d’euros consacrés à des actions à l’international ou le financement des investissements. Aujourd’hui nous développons des complémentarités avec UBIFRANCE de manière à rationaliser le réseau et permettre un coût maîtrisé.

Enfin, la Région est à l’initiative de l’équipe Rhône-Alpes de l’export, véritable dispositif d’action et de coproduction d’accompagnement au service de nos entreprises. La charte de l’export symbolise cette dynamique à travers une véritable volonté de coopération. Elle regroupe l’Etat, la Région Rhône-Alpes, la CCIR, et les opérateurs ERAI et UBIFRANCE. Se sont joints la CGPME Rhône-Alpes, le MEDEF Rhône-Alpes, OSÉO, les CCEF Rhône-Alpes, la COFACE, l’OSCI et la CRMA. Le comité de pilotage est coprésidé par la Région et regroupe toutes structures.

A l’heure où la balance commerciale de notre pays est déficitaire, la Région Rhône-Alpes fait figure d’exception en matière d’exportations. Vers quels secteurs d’activité faut-il se tourner et quels sont les projets de la Région pour les années à venir en matière de développement à l’international ?

Nous ne devons pas nous battre que sur la compétitivité-coût, il faut jouer sur la différenciation et la qualité des produits. Les 12 pôles de compétitivité présents sur notre territoire représentent parfaitement les secteurs qu’il faut encourager.

Parmi ces secteurs, en premier lieu la Chimie-Pharmacie, 1er poste d’export en France, représente un secteur particulièrement dynamique. La mécanique est elle aussi fortement exportatrice, les textiles spécialisés à forte valeur ajoutée comme les textiles médicaux et techniques, l’industrie de l’image qui représente près de 3 milliards d’euros de CA en Rhône-Alpes (les jeux vidéo par exemple ont la particularité d’être des marchés mondiaux). L’industrie de la santé particulièrement puissante en Rhône-Alpes représente près de 35.000 emplois (imagerie médicale, aménagement d’hôpitaux). L’agroalimentaire BIO et les cosmétiques BIO, la plasturgie (nouveaux flacons biodégradables) sont des marchés de niche à forte valeur ajoutée, l’édition de logiciels et le manufacturing sont aussi des secteurs à développer. Nous sommes aussi la 4e région européenne de recherche et développement aéronautique.

Autre particularité de Rhône-Alpes : le tissu de PME et d’ETI. Car sur 430 Milliards d’euros que représente le volume d’export en France, 30 milliards seulement sont réalisés par des grands groupes. Ce sont donc les PME et les ETI qui réalisent l’essentiel de l’export de notre pays. Si nous augmentons cette part même de 5%, cela représente déjà 20 milliards d’euros supplémentaires.

Le Plan PME est aussi un outil majeur de notre stratégie, il permet d’apporter aux PME des prestations de conseil, de formation et d’expertise avec des experts de haut niveau, il donne les bons outils et assure un accompagnement sur le long terme.

Le Plan PME, c’est 1500 entreprises accompagnées en Rhône-Alpes et un programme de 15 millions d’euros par an. C’est donner des vitamines aux entreprises pour être dans le rythme de la compétition internationale. On leur permet de s’offrir des consultants de haut niveau. Il permet par exemple de repenser la stratégie de l’entreprise (programme performants, ingénierie financière, etc).

Notre rôle, celui des politiques, c’est de favoriser les coopérations, créer les conditions pour limiter les frontières administratives, il faut rester ouvert et mobile, il faut saisir les opportunités dans une stratégie globale et privilégier les actions collectives aux subventions que nous pouvons ainsi redéployer ailleurs.

(1) Le Volontariat International en Entreprises, permet aux entreprises françaises de confier à un jeune, homme ou femme, jusqu’à 28 ans, une mission professionnelle à l’étranger durant une période modulable de 6 à 24 mois, renouvelable une fois dans cette limite.

 

Propos recueillis par la rédaction