INNOROBO An 4 / L’incontournable rendez-vous européen

Innorobo accueille plus de 5000 professionnels par jour

   La filière robotique tient son salon (du 18 au 20 mars 2014). L’année dernière, l’objectif de devenir un carrefour européen était clairement affirmé. Désormais, Innorobo se doit d’être le lieu d’événements tant en matière d’innovations technologiques que de stratégies de développement. Bruno Bonnell a annoncé la tenue des premiers états-généraux de la robotique française.

Fort du succès de ses trois premières éditions, le salon Innorobo tient à être de nouveau un temps de découvertes, de premières technologiques. Ce rendez-vous européen de la robotique s’appuie sur un secteur d’activité en plein essor.

« L’objectif d’Innorobo 2014 est de mobiliser le monde de la robotique pour présenter ses innovations en la matière à l’ensemble des industries et inciter les entreprises à participer plus activement à la démarche d’innovation qu’offre la robotique » a déclaré Catherine Simon présidente de la société Innoecho, organisatrice du salon, dans sa présentation de cette nouvelle édition. Et de rappeler que la France a lancé son plan robotique, l’Europe fait le même pari avec la création d’un partenariat public-privé soutenu par la Commission européenne.

La croissance du marché mondial de la robotique devrait être de 30% pour les 4 prochaines années, marché tiré principalement par la robotique de services (domaines médicaux, loisirs, enseignement). Mais il est à signaler les nouvelles synergies avec la robotique industrielle (automates de production) pour donner naissance à des robots dit collaboratifs.

Ce nouveau domaine baptisé Cobotique (s’appuyant sur une interaction entre un opérateur humain et un système robotique) trouve des applications dans l’industrie et la santé. Elle ouvre l’accès à la robotique pour des PME. Enfin des projets assurant des convergences entre le net, les télécoms et la robotique émergent.

« La robotique n’est pas une fin en soi, mais ses technologies d’avenir permettront aux entreprises et au monde occidental plus globalement de rester compétitifs et innovants » rappelle Catherine Simon. L’ambition de l’édition 2014 est de dévoiler ces tendances, de montrer leurs champs d’application et les nouveaux systèmes qu’elles génèrent. Il n’est donc pas étonnant que désormais deux halls spécialisés soient proposés pour mieux cibler les réalités de la robotique industrielle et ceux des services. Un appel à startups a été lancé qui devrait mettre en évidence des projets d’avenir. La tenue d’une convention d’affaires témoigne de l’intérêt des investisseurs pour ce salon.

Mais surtout il faudra suivre les rencontres des ateliers et  les débats des premiers états-généraux de la robotique française. Preuve de la dimension prise par Innorobo.

INNOROBO « LA ROBOTIQUE ET SES INNOVATIONS»

Les 18, 19 et 20 Mars 2014, au Centre de congrès de la Cité Internationale

 Repères/  Poursuivre l’ascension

Le nombre d’exposants est passé de 85 en 2011, à 110 en 2012 pour atteindre 130 en 2013 (14 représentations internationales / Europe mais aussi Corée, Japon, Hong Kong, USA, Canada). Parallèlement, le nombre de visiteurs a suivi avec plus de 15 000 personnes enregistrées lors de la dernière édition dont 75% de professionnels de 38 nationalités, 20% d’étudiants et 5% de journalistes (180 médias de 15 pays).

 

NAO peut être un robot de compagnie pour aider au travail scolaire, être un compagnon de jeu

Réussite française

Nao vedette d’Alderaban

   Il est l’un des robots humanoïdes les plus connus sur les 5 continents tant ses applications services sont nombreuses. Ce succès récompense l’entreprise Aldéraban, présidé par Bruno Maisonnier, qui est également vice-président de Synorobo.

Aldéraban a acquis un renom international car elle s’est spécialisée sur le créneau ambitieux des robots humanoïdes dits de services. L’entreprise francilienne a développé des filiales aux USA, en Chine et au Japon. Elle réalise 85% de son chiffre d’affaires à l’exportation. Le petit NAO  (58 cm de haut), créé en 2007, témoigne d’une étonnante diversité d’applications qui permet le développement pour reprendre les propos de Bruno Maisonnier de plus de 2.000 plateformes d’expérimentation de la robotique tant sont divers ses champs d’application pour des laboratoires de recherche, notamment dans le domaine médical (enfants autistes, personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer), pour des écoles et des universités dans leur démarche pédagogique à travers le monde. Il a même connu l’honneur d’être le premier robot reçu à l’Elysée car il symbolise la réussite de la robotique française. Il devrait intégrer le quotidien des familles comme robot de compagnie (partenaire de jeu, d’aide scolaire).

Bruno Bonnell

L’essor de la filière française

   Le Lyonnais Bruno Bonnell, président de Synorobo, le syndicat professionnel de la robotique française, est chef du projet robotique, une mission ministérielle pour structurer la filière française de la formation à l’entreprise. L’objectif est de l’amener dans le top 5 mondial

Il n’a eu de cesse de marteler que la « robolution », allait constituer une nouvelle révolution économique avec l’apport de l’intelligence dite artificielle aux objets par le biais d’une nouvelle industrie. De cette utopie se dégage désormais des perspectives économiques réelles et vastes. Bruno Bonnell a gagné son pari de la sensibilisation. Depuis octobre dernier il doit gagner le pari de la réalisation car il a été nommé chef de projet de la robotique par le Ministère du redressement productif, un projet dont l’ambition est de constituer une véritable filière industrielle française. Il devrait faire le point d’étape de sa mission lors du salon.

En effet, cette nomination est une reconnaissance de l’action accomplie tant à la tête de son entreprise de robotique, Robopolis, que de sa détermination à faire du salon Innorobo, un des grands rendez-vous internationaux de la filière et une vitrine des réalisations françaises.

Il ne faut pas oublier que l’édition 2013 d’Innorobo avait été marquée par l’annonce d’un plan robotique national doté de 100 millions d’euros par Arnaud Montebourg. Lors de sa visite, le ministre du Redressement productif avait affirmé : « La France a pour objectif de saisir l’opportunité de la « nouvelle robotique industrielle », où le robot devient le collaborateur de l’humain sur son lieu de travail et améliore la productivité et la compétitivité des PME.. ».

Il s’agit d’un enjeu majeur puisque le marché mondial de la robotique de services devrait passer de 10 milliards de dollars à plus de 100 d’ici 2020.

Aussi Bruno Bonnell tient à ce que la France s’inscrive dans la logique d’action des pays les plus actifs sur ce créneau stratégique (Japon, Corée, USA) pour figurer dans le top 5 à cet horizon. Il n’oublie pas Lyon car les premiers états-généraux de la robotique se dérouleront lors des journées du salon, constituant un prolongement direct des volontés affirmées lors de l’édition précédente. Enfin, il a annoncé dans un entretien publié par Le Progrès que deux grandes écoles lyonnaises vont lancer des formations bac +5, que plusieurs entreprises devraient s’installer à Lyon en 2014 et qu’un incubateur de jeunes entreprises innovantes devrait voir le jour. Et point à souligner qu’il rêvait « d’un bac pro robotique »  pour avoir des techniciens qualifiés  aux côtés des ingénieurs.

Y.E.

 

Le secteur de la robotique de services devrait être multiplié par 10 d’ici 2020

Vecteur de croissance du 21ème siècle

   Catherine Simon, directrice du salon et présidente fondatrice Innoecho a défini les enjeux économiques que représente désormais la filière robotique  tant dans les domaines de la robotique industrielle que celle des services.

La robotique industrielle est la plus connue, car la plus ancienne ; elle est notamment liée à la modernisation de l’industrie automobile et s’appuie sur de forts programmes d’équipement. Son marché mondial est estimé à 26 milliards de dollars. Ses perspectives de développement sont fortes car le taux d’équipement moyen mondial est de 58 robots pour 10 000 emplois dans l’industrie. Le plus fort taux est européen, 80/10 000, suivi par celui des USA 68/10 000. La plus forte progression de ventes de robots industriels entre 2005 et 2012 a été enregistrée en Chine avec une croissance annuelle de 25%. La robotique industrielle se diversifie à d’autres secteurs d’activité que l’industrie automobile. Plusieurs pays émergents démarrent leur équipement.

Cependant, le plus spectaculaire reste l’essor de la robotique de services, par la diversité des applications. Plus récente, son marché mondial est estimé à 4,65 milliards de dollars. La dynamique de réalisations s’exprime le plus fortement dans le domaine médical avec une croissance de 20%. Ce seul secteur d’activité représente 40% du marché de la robotique de services. Il est suivi par celui de la robotique de terrain qui concerne plus directement  le domaine agricole et celui de l’exploration (25% du marché).

La possibilité de croissance des robots médicaux et de logistiques sont considérables mais il faut suivre le développement de la robotique d’assistance personnelle et ce lui des robots de loisirs et de services domestiques.

Y.E.